COMMUNIQUE ADAP 31
LES PAYSANS ONT-ILS ENCORE LEUR PLACE A LA CAMPAGNE ?
Encore une affaire d’intolérance de la part de non agriculteurs à l’égard de paysans qui veulent pouvoir travailler sur leurs terres.
Denise et Jean Marc MANFRIN qui veulent déplacer leur exploitation – pour raison de commodité – de la commune de Lezat sur leurs terres de Bax, voient leurs voisins immédiatement s’opposer à leur projet de construction d’un bâtiment agricole devant abriter 100 brebis et du matériel agricole. Pourtant leur projet de bâtiment se situe au milieu de leurs terres à 200 mètres des habitations des quatre familles qui s’y opposent.
Le 14 mai 2010, Denise et Jean Marc MANFRIN obtiennent le permis de construire. Leurs voisins font immédiatement un recours en annulation auprès du Tribunal Administratif…. L’affaire n’est pas encore jugée sur le fond.
Le 18 octobre 2010, Denise et Jean Marc MANFRIN déposent un permis de construire pour leur maison d’habitation. Rebelote de la part des riverains qui le 3 février 2011 déposent une requête en annulation et un référé suspension. La Justice donne raison aux époux MANFRIN en référé, mais l'affaire doit encore être jugée au fond.
Reste le bâtiment agricole, indispensable pour leur exploitation.
Dans un but d’apaisement ils déposent un permis de construire d’un bâtiment plus petit. Dépôt du permis le 3 mai 2012. Pressions des voisins qui font la proposition ahurissante suivante : « Nous sommes prêts à abandonner toutes les poursuites envers vos permis de construire si vous vous engagez à ne pas y abriter de moutons... ».
Denise et Jean Marc MANFRIN refusent de céder à cet absurde chantage. En juillet, les voisins font un recours contre ce nouveau permis , recours rejeté par le Maire de Bax avec l'appui des services contentieux de la Direction Départementale des Territoires (DDT) de Toulouse qui conclue en disant que ce nouveau permis est parfaitement légal.
L’affaire en est là.
Que penser maintenant de cette opiniâtreté, de la part de ces riverains à vouloir s'entêter à refuser le voisinage d'une exploitation agricole, à distance pourtant raisonnable de leur maison d'habitation ?
Que penser de leur attitude qui consiste à décider ce qui doit être produit ou non par les paysans ? « D’accord pour un batiment , mais sans moutons » ( ???)
Ont ils oublié qu'ils vivent dans une commune rurale de 600 ha pour 93 habitants et que sans ces paysans , qu'ils semblent abhorrer, leur commune n'aurait plus aucune valeur écologique, fiscale ni humaine …
Ont ils oublié que les maisons mêmes qu'ils occupent sont d'anciennes fermes, autrefois sièges d'exploitation agricoles ?
Mesurent ils combien il est important et primordial pour l'économie locale, pour la vie de nos campagnes que de nouveaux et jeunes paysans occupent notre espace rural, en assure sa pérennité, par leur présence …
Mesurent ils les conséquences de leur comportement pour le moins inhospitalier et déshumanisé alors que la famille Manfrin veut tout simplement s'installer sur ses terres ?
LES PAYSANS ONT ILS ENCORE LEUR PLACE A LA CAMPAGNE ?
Ces cas d’intolérance à l’égard des paysans deviennent légions. Pas un jour sans un conflit entre ceux qui viennent de la ville et celles et ceux qui vivent à la campagne : le coq qui chante, les cloches qui sonnent , les vaches qui passent, les mouches, les bruits, les odeurs,…
La campagne doit-elle s’aligner sur les règles de vie de la ville ?
Le milieu paysan doit être soutenu et maintenu dans sa spécificité Ce n’est pas à lui à s’adapter sinon on reproduira une forme de colonialisme intérieur.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas que la campagne soient dénaturée, à soutenir les paysans qui doivent rester maîtres de leur vie sur leurs terres.
L’ADAP31 soutien, dans cette affaire, Denise et Jean Marc MANFRIN, de même que la mairie de BAX et envisage, si nécessaire, un rassemblement de soutien sur place.
Septembre 2012
Association pour la Défense de l’Activité Paysanne
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